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IN THE MOOD FOR NEWS (actualité cinématographique) - Page 104

  • Palmarès de la 24ème nuit des Molières 2010

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     Pour effacer  son image parisianiste,  la cérémonie des Molières s'était pour la première fois décentralisée en banlieue, à la Maison des arts de Créteil (MAC). Après une courte pièce de Feydeau ("Feu la mère de Madame") mise en scène par, Jean-Luc Moreau, et  notamment interprétée par Patrick Chesnais et Emmanuelle Devos, c'est à une vitesse fulgurante que les différents trophées ont été décernés par Michel Drucker et Marie Drucker (succédant à Frédéric Mitterrand, présentateur de l'édition 2009 devenu dans l'intervalle Ministre de la Culture).

       
    Laurent Terzieff, bientôt 75 ans en juin, a été sacré meilleur comédien pour deux rôles différents  "L'Habilleur" (qui lui a valu aussi le Molière du théâtre privé) et "Philoctète".

    "Les Naufragés du Fol Espoir", a elle aussi obtenu deux Molières, ceux du théâtre public et des meilleurs costumes.


    "La Nuit des rois" de Shakespeare mis en scène par Nicolas Briançon, qui partait pourtant favori avec sept nominations, n'a finalement pas obtenu plus de deux récompenses. Même chose pour "Les 39 marches" et "La Serva Amorosa" de Goldoni.  

    Dominique Blanc, déjà quatre fois césarisé, a reçu, le soir de ses 54 ans, le Molière de la comédienne pour  son interprétation dans de "La Douleur" de Marguerite Duras, douze ans après avoir déjà obtenu le Moilère de la meilleure actrice (pour "Une maison de poupée" en 1998). 

    Molière du Théâtre Public

    «Les Naufragés du Fol Espoir», Hélène Cixous, Ariane Mnouchkine / Ariane Mnouchkine -Théâtre du Soleil       

     Molière du Théâtre Privé

    «L'Habilleur», Ronald Harwood / Laurent Terzieff - Théâtre Rive Gauche

    Molière des Compagnies

    «Cercles / Fictions», Joël Pommerat : Compagnie Louis Brouillard

     Molière de la pièce comique

    «Les 39 marches», John Buchan, Alfred Hitchcock / Eric Métayer - Théâtre La Bruyère

     Molière du Théâtre Musical

    «Les Douze Pianos d'Hercule» - Jean-Paul Farré / Jean-Claude Cotillard - Cie des Claviers

     Molière du Comédien

    Laurent Terzieff dans «l'Habilleur» et «Philoctète»

     Molière de la Comédienne

    Dominique Blanc dans «La Douleur»

     Molière du Comédien dans un Second Rôle

    Henri Courseaux dans «La Nuit des Rois»

     Molière de la Comédienne dans un Second Rôle

    Claire Nadeau dans «La Serva Amorosa»

     Molière de la Révélation théâtrale féminine

    Alice Belaïdi dans «Confidences à Allah» 

    Nominations Révélation théâtrale masculine

    Guillaume Gallienne dans «Les garçons et Guillaume, à table!»

     Molière du Metteur en Scène

    Alain Françon pour «La Cerisaie»

     Molière de l'Auteur Francophone Vivant

    Eric Assous pour «L'Illusion Conjugale»

     Molière de l'Adaptateur

    Gérald Sibleyras pour «Les 39 marches»

     Molière du Créateur Costumes

    Nathalie Thomas / Marie-Hélène Bouvet / Annie Tran pour «Les Naufragés du Fol Espoir»

     Molière du Créateur Lumière

    Gaëlle de Malglaive pour «La Nuit des Rois»

     Molière du Décorateur - Scénographe

    Catherine Bluwal pour «La Serva Amorosa»

     Molière du Spectacle jeune public

    «Oh Boy!» Marie-Aude Murail, Catherine Verlaguet / Olivier Letellier

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  • L'actualité des 4 blogs "in the mood"

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    Un petit récapitulatif de l'actualité sur les différents blogs in the mood puisque pas mal de changements ont été effectués ces dernières semaines et le seront encore prochainement avec, notamment, la création d'un 4ème  blog il y a quelques semaines.  Même si écrire simultanément sur ces 4 blogs est parfois compliqué, tant que l'enthousiasme et la passion seront au rendez-vous (et c'est plus que jamais le cas), je continuerai...

    Inthemoodforluxe.com

    Ce nouveau blog c'est "In the mood for luxe " que vous pouvez également suivre sur sa page Facebook ou encore sur son compte twitter. Sur ce blog dont la devise est "quand l'exception devient la règle", vous trouverez d'ores et déjà de nombreux articles sur des destinations de rêve (Monaco, Tunisie, Grèce... mais aussi en France) avec pour principe de ne parler que de lieux que je connais. Vous y trouverez également un article sur le Grand Véfour que j'ai eu la chance de tester en présence de son célèbre chef Guy Martin et prochainement sur d'autres adresses parisiennes. Plus épisodiquement je parlerai aussi de mode (comme hier avec le cocktail d'ouverture de la boutique Ralph Lauren Boulevard Saint-Germain), d'objets ou de décoration. Prochainement d'autres articles sur Monaco mais aussi sur La Baule, Cannes, les restaurants parisiens et bien d'autres destinations. Vous y trouverez aussi désormais de nombreux liens sur le tourisme de luxe et vous pourrez y réserver directement vos voyages aux meilleurs prix. Même s'il ne m'est temporellement pas possible d'écrire autant sur ce blog que sur inthemoodforcinema, vous y trouverez  régulièrement de nouveaux articles avec, au minimum, un article par semaine. Le design sera prochainement modifié.

    Inthemoodforcannes.com

    Depuis quelques semaines, In the mood for Cannes, le blog consacré au Festival de Cannes est redevenu quotidien. Vous pouvez également le suivre sur son compte twitter et sur sa page Facebook. Chaque jour, jusqu'au festival, vous y trouverez un film de la compétition officielle détaillé et y figurent déjà tout le programme de cette édition 2010 (toutes sections confondues) et des sélections parallèles ainsi que de nombreux liens et informations pratiques. Prochainement vous y trouverez également des articles pour suivre le Festival au mieux dans les différents médias, et toutes les informations concernant le festival (programme, soirées etc) y seront mises à jour quotidiennement. Grâce à mon accréditation presse mais aussi à plusieurs partenariats (je vous en parlerai prochainement plus précisément), cette année je vous promets des récits plus que jamais "in the mood for Cannes" des films en compétition au Grand Théâtre Lumière aux sélections parallèles, en passant par les soirées du festival. Vous pourrez donc me suivre en direct de Cannes du 12 au 24 mai. Ces articles seront aussi repris sur inthemoodforcinema.com qui se mettra à l'heure cannoise pendant ces 12 jours.

    Inthemoodforcinema.com 

    In the mood for cinema reste le premier blog créé (il y a bientôt 7 ans) et le blog principal et quotidien avec les avant-premières, les films à l'affiche, les classiques du cinéma, les conférences de presse, des concours mais aussi de nombreuses autres chroniques ( notamment musicales comme récemment avec le concert privé de Mika ou littéraires suite à ma participation au jury des lectrices de Elle 2010) mais aussi des événements comme les César 2010 où inthemoodforcinema était le seul blog accrédité ou prochainement le Festival Paris Cinéma dont je ferai partie du jury blogueurs .

    Vous pouvez toujours suivre ce blog sur son compte twitter et sur sa page Facebook.

    Inthemoodfordeauville.com

    Jusqu'à présent ce blog In the mood for Deauville n'était enrichi qu'en périodes de Festivals du cinéma américain et du film asiatique de Deauville, et bien entendu dès que les informations sur le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2010 seront annoncées elles seront publiées sur le blog. Par ailleurs, à partir de cette semaine, en raison d'un partenariat avec la ville de Deauville, vous serez régulièrement informés des événements deauvillais à l'occasion du 150ème anniversaire du "21ème arrondissement". Et bien évidemment, comme chaque année, vous me retrouverez en septembre en direct du Festival du Cinéma Américain... Ce blog aura aussi prochainement sa page Facebook et son compte twitter.

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  • Toujours à l'affiche...

    En attendant de nouvelles critiques de films à l'affiche depuis cette semaine et de nouvelles critiques de classiques du cinéma, je vous propose ci-dessous une liste de films encore à l'affiche, recommandés par inthemoodforcinema.com . Vous pourrez accéder à mes critiques en cliquant sur les titres des films qui vous intéressent.

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  • Programme du 11ème Festival du Film Francophone de Grèce

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    Vous avez été plusieurs à me demander le programme du Festival du Film Francophone de Grèce, et étant donné ma passion pour ce pays (sur laquelle je ne reviens pas, vous trouverez quelques articles ici), c'est avec plaisir que je vous le livre ci-dessous (cliquez sur la grille pour l'afficher en grand) en vous rappelant que ce festival se déroule à Athènes du 15 au 25 Avril et à Thessalonique du 22 au 28 avril. Vous pouvez également suivre le Festival sur son site officiel, sur sa page Facebook et sur son blog. En bonus, vous trouverez, ci-dessous, la bande-annonce du festival.

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  • "Téhéran" de Nader T.Homayoun: critique du film et interview du réalisateur

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    Après l'excellent film de Bahman Ghobadi « Les Chats persans » que je vous recommande vraiment de voir en DVD si vous l'avez manqué lors de sa sortie (cliquez ici pour lire ma critique et voir mes vidéos de l'équipe du film), un autre film iranien iranien sortira demain sur les écrans, il s'agit donc de « Téhéran » de Nader T. Homayoun, un film qui a obtenu le prix de la semaine de la critique au Festival de Venise 2009 et le Grand Prix du Jury au Festival Premiers Plans d'Angers 2010.

    Synopsis : Ebrahim (Ali Ebdali) quitte sa famille et va tenter sa chance à Téhéran mais dans cette jungle urbaine où tout se vend et tout s'achète, le rêve peut rapidement virer au cauchemar. Mêlé malgré lui à des trafics mafieux, Ebrahim a-t-il encore une chance de s'en sortir ?

    Nader T.Homayoun est parti d'une rumeur persistante selon laquelle, à Téhéran, des mendiants voleraient des bébés pour faire la manche. Ebrahim, parti à Téhéran considéré par beaucoup d'Iraniens comme l'Eldorado, est l'un d'eux... Tandis qu'il se fait voler le bébé avec lequel il faisait la manche, sa femme, enceinte, le rejoint à Téhéran.

    Nader T.Homayoun a pris prétexte de la réalisation d'un documentaire sur Téhéran pour pouvoir réaliser son film qui, au-delà de l'aspect documentaire qu'il comporte bel et bien, est « un polar à l'iranienne » et même un thriller social.

    A travers les péripéties d'Ebrahim (interprété avec conviction par Ali Ebdali), nous découvrons Téhéran, ville bouillonnante et tentaculaire. Une ville qui vit, vivre, palpite, bouillonne, rugit mais aussi une ville blessée, une ville qui connaît une vraie ségrégation sociale et une expansion mais aussi une pauvreté grandissantes et les trafics en tous genres, c'est pourquoi le titre iranien est « Tehroun », le nom argotique et populaire de Téhéran. C'est en effet le visage sombre de Téhéran qu'il nous dévoile ici et à travers elle le portrait sans concessions de la société iranienne, une société qui ne croit plus en rien, corrompue par l'argent. Ebrahim lui-même change, la pauvreté le contraint à l'aliénation et même sa femme dit ne plus le reconnaître. Nader T.Homayoun nous fait découvrir une ville où règle le cynisme et où tout est en effet bon pour « faire de l'argent » : prostitution, vol et  vente d'enfants, vente de drogue,  prêt islamique détourné de sa fonction initiale, voleurs se faisant passer pour des pasdaran et débarquant dans des fêtes (interdites)...

    Difficile de dissocier ce film de ses conditions de tournage qui en épouse d'ailleurs le sentiment d'urgence : tourné en 18 jours sans autorisation. D'après son réalisateur, « il est impossible qu'il soit distribué en Iran pour l'instant. » Tourné à la fin du premier mandat d'Ahmadinejad il montre que la répression et la rigueur s'accompagnent d'une véritable impunité. Contrairement aux « Chats persans », les forces de l'ordre ne sont jamais montrées mais, invisibles, elles n'en sont que plus présentes, ce nouveau et sombre  visage de Téhéran en étant la conséquence.

    Là où « Les chats persans »  laissait entrevoir une lueur d'espoir « Téhéran » montre un peuple désenchanté qui, à l'image de la dernière scène,  suffoque et meurt, et ne parvient pour l'instant qu'à retarder de quelques jours cette inéluctable issue. Un premier film particulièrement réussi, autant un thriller qu'un documentaire sur une ville et un pays qui étouffent et souffrent. Un cri de révolte salutaire, une nouvelle fenêtre ouverte sur un pays oppressé.

    Interview de Nader T.Homayoun:

    nader.jpgIl y a quelques semaines, on me proposait de rencontrer le réalisateur de "Téhéran", Nader T.Homayoun, pour l'interviewer. A mon grand regret, j'ai dû décliner l'invitation à la dernière minute mais ce dernier a eu la gentillesse de répondre à mes questions par écrit. Je l'en remercie de nouveau vivement et je vous conseille vraiment de lire ses réponses qui apportent un bel éclairage à ce film que je vous recommande d'ailleurs. Je vous rappelle au passage que "Téhéran" figurait en compétition du 2ème Festival du Film Policier de Beaune, catégorie "sang-neuf".

     Quel a été l'élément déclencheur de votre projet ? L'envie de faire un film sur Téhéran ? De montrer un autre visage de cette ville ? Ou bien de réaliser un « thriller social » ?

     Il est plus facile de répondre à cette question après coup. Au départ, votre projet de film oscille entre plusieurs désirs. Vous allez un peu dans toutes les directions pour trouver le ton et la forme adéquates. Je voulais d'abord faire un film de genre. Je trouvais que le cinéma iranien ne donnait pas assez d'importance au cinéma de genre, et que cette omission devenait même préjudiciable, car elle nous enfermait dans une certaine forme de cinéma qui commençait à sentir le formalisme. Néanmoins, je tenais à ce que le récit se passe à Téhéran. Et pour filmer Téhéran, je souhaitais être au plus proche de la température de la ville. Capter sa fièvre plus exactement, car Téhéran est pour moi une ville malade, elle a une infection. Ces deux approches à la fois sociale - presque sociologique - et urbaine, et en même temps très cinématographique devaient trouver une forme. La veine « thriller social » est donc apparue au fur et à mesure du développement du projet tant à l'écriture  qu'au moment des repérages, puis évidemment au tournage.  

     Votre film comporte aussi un aspect documentaire ? La fiction était-elle votre choix d'emblée ou avez-vous hésité  à réaliser un documentaire sur Téhéran ?

     Faire un documentaire sur ou à Téhéran ne m'intéressait pas. Je sortais justement d'un documentaire qui m'avait pris 4 ans (Iran, une révolution cinématographique), et j'avais une véritable envie de fiction. Pour moi, il s'agissait de faire un film de genre qui aurait une dimension documentaire. La forme documentaire est presque pour moi dans ce film un exercice de style, dans le sens le plus noble du terme. Une forme qui permet au spectateur de plonger plus aisément dans la chaudière de Téhéran.   

     J'ai lu que vous étiez parti d'une rumeur selon laquelle des mendiants voleraient des bébés pour les accompagner dans leur mendicité. Avez-vous reçu des témoignages en ce sens depuis la réalisation du film ?

     Je n'ai pas fait de recherches particulières dans ce sens-là, car je ne voulais pas brider mon fantasme, qui est aussi un fantasme collectif en Iran. Tout le monde est à peu près sûr en Iran que les bébés que l'on voit dans les bras des mendiants ne leur appartiennent pas. Mes recherches étaient de tout ordre, et elles se sont recentrées sur les ambiances urbaines, les choix des quartiers et des rues, les choix de la figuration, des passants, des « gueules » comme on dit dans le jargon, mais aussi dans le vocabulaire des dialogues.  

     Vous avez choisi de ne jamais montrer les forces de l'ordre mais finalement il me semble que cette absence rend l'Etat encore plus présent  et surtout sa responsabilité encore plus présente, la pauvreté en étant une conséquence mais aussi le cynisme qui s'empare d'une partie de la société. Etait-ce un choix délibéré de votre part de ne jamais les montrer ?

     Oui, tout à fait, je ne voulais pas mêler l'Etat à ça. Je trouvais que cette absence rendait la société iranienne plus dangereuse, plus inquiétante, « laissée pour compte ». Il y a un coté rassurant dans l'apparition de la police à la fin de certains films. Comme si on essayait de nous dire : « ne vous inquiétez pas, au final, ils sont toujours là pour vous sauver » ; un peu à l'image de l'arrivée de la cavalerie à la fin des westerns. Or, dans Téhéran, vous sentez la présence de la police et des forces de l'ordre, mais elle n'est pas rassurante. Vous ne vous sentez pas à l'aise. Tout est possible avec eux.

    Il y avait aussi une autre raison pour laquelle j'ai évité de montrer les forces de l'ordre. Souvent dans les films, cette présence est un gage donné à l'état pour faire passer le film à travers les mailles de la censure. Je veux dire plus précisément que la présence des forces de l'ordre à la fin des films, et la fait que le dénouement de l'histoire passe par eux, est une garantie de la moralité du film. Leur absence dans le film est aussi un acte politique.         

     Pensez-vous que faire du cinéma en Iran est aujourd'hui une forme de résistance ? Je pense à votre film mais aussi à un autre très beau film « Les chats persans » de Bahman Ghobadi qui s'est également heurté à beaucoup de difficultés.

     Faire des films partout dans le monde est devenu un acte de résistance. Face à la montée de la consommation d'images faciles et face à cette espèce de cannibalisme ou plus exactement face à cet aspect fast-food des images, quand un cinéaste essaye de faire un cinéma différent, avec une durée et un style différent, forcément il fait acte de résistance. Faire des films en Iran est difficile, mais je crois qu'on peut dire la même chose pour un cinéaste français ou américain... Les dangers ne sont pas les mêmes, mais il faut  prendre des risques.

    Ce que l'on peut dire en revanche pour les cinéastes iraniens, c'est qu'ils ont une double mission. La première est de faire des images et raconter des histoires, ils la partagent avec tous les cinéastes du monde. En revanche, un cinéaste iranien a aussi pour mission d'éveiller le regard du monde, même de façon très modeste, sur ce qui se passe dans son pays, car l'image de l'Iran n'appartient plus depuis longtemps aux Iraniens. Et les cinéastes iraniens sont devenus malgré eux les ambassadeurs de leur pays.         

     Votre film et celui précédemment évoqué ont d'ailleurs en commun d'avoir Téhéran pour protagoniste, une ville bouillonnante, tentaculaire mais aussi victime de ségrégation sociale. Dans quelle mesure cette ville est-elle pour vous différente des autres capitales ?

     Téhéran ressemble à beaucoup d'égard aux autres mégapoles du monde, avec les mêmes problématiques connues et reconnues dans ce genre de cité. Mais ce qui change en Iran, c'est qu'en plus des difficultés sociales, les habitants de Téhéran souffrent d'un autoritarisme religieux et politique. Votre liberté individuelle n'est pas la même à Téhéran qu'à Mexico, même si à beaucoup d'égard, ces deux mégapoles endurent des mêmes maux. Un exemple simple : un ouvrier iranien ne peut à la fin de sa journée, se payer une bière pour se détendre.

    Téhéran m'intéressait aussi parce que c'est la ville où tous les espoirs sont possibles, ou en tout cas, les gens de province ont ce fantasme. La capitale est devenue une ville très hétéroclite où l'on peut trouver des gens des quatre coins du pays. En somme Téhéran, vues sa dimension et sa population, est un micro-Iran, et devient par conséquent une métaphore du pays.          

     Finalement le sentiment d'urgence lors des conditions de tournage est le même que celui ressenti par Ebrahim et ces difficiles conditions de tournage donnent aussi l'impression de servir le sujet. Y a-t-il des scènes auxquelles vous avez dû renoncer ? Ou, au contraire, d'autres scènes sont-elles nées de ces contraintes ?

     Je suis allé sur le plateau avec un scénario flottant. Je veux dire que rien n'était figé, tout pouvait changer sur le plateau notamment pour faire face aux contraintes du quotidien. J'ai beaucoup d'exemples. Pêle-mêle, il me vient à l'esprit la scène du concessionnaire. J'étais censé tourner la scène dans une boutique de vêtements très chics à Téhéran, mais le propriétaire nous a lâché à la dernière minute. Un ami d'un ami d'un ami connaissait un concessionnaire. Nous avons réécrit les dialogues en fonction du nouveau décor et du nouveau métier. Cerise sur le gâteau, les murs étaient couverts de miroirs. Un bonheur pour moi, un calvaire pour le chef'op. la scène a pris, je trouve plus de poids. Le concessionnaire vend des bébés comme des voitures.  

     Ce qui m'a aussi frappée, c'est  votre vision sombre de l'Iran, « Téhéran » montre un peuple désenchanté qui, à l'image de la dernière scène,  suffoque et meurt. La caméra s'éloigne alors comme si on regardait cela de loin, avec une relative indifférence. Partagez-vous ce pessimisme ou votre film reflète-t-il le sentiment général du peuple iranien ?

     La dernière scène du film reflète très bien ma vision des choses pendant le tournage et la raison pour laquelle j'ai réalisé ce film : l'impuissance. Le peuple iranien n'est pas indifférent mais reste impuissant face à ce qu'on lui impose et ne réagit pas ou pas assez. Les choses ont beaucoup changé depuis les dernières élections et tant mieux. Il y a eu un sursaut national, une renaissance qui n'a pas l'air de faiblir. Le placement de la caméra dans la dernière scène n'est pas un éloignement par rapport à la réalité de la vie, elle évoque au contraire notre impuissance à prendre notre destinée en main, comme si on nous gardait à distance. Nous restons spectateur et non pas acteur de la pièce dans laquelle nous sommes censés jouer le rôle principal.      

     Pensez-vous que votre film pourra sortir en Iran ?

     Je ne sais toujours pas. J'aimerais beaucoup. Je vais très prochainement envoyer une copie du film, avec un dossier de presse. La balle sera ainsi dans le camp du Ministère de la Culture et de l'Orientation Islamique. 

     Avez-vous d'autres projets ? Pensez-vous qu'il sera encore plus difficile pour vous de tourner en Iran après ce film ?

     J'ai  un autre projet que j'aimerais tourner cet hiver en Iran. Une comédie romantique à Téhéran, un film très différent dans la forme et dans le fond. Je vais me battre pour faire ce film en Iran, comme tout le monde. Pour le moment, je me concentre sur l'écriture. À chaque jour suffit sa peine. On ne sait pas de quoi demain est fait. 

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  • Palmarès du 2ème Festival International du Film Policier de Beaune

    Le Jury Longs Métrages présidé par Oliver Marchal et entouré de Marilyne Canto, Abdel Raouf Dafri, François-Xavier Demaison, Marie Gillain, Catherine Jacob, Guy Lecluyse, Gilbert Melki et Steve Suissa a décerné les prix suivants :

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    DANS SES YEUX de Juan José CAMPANELLA (Argentine-Espagne)

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     BACKYARD (El traspatio) de Carlos CARRERA (Mexique/Mexico)

    Le Jury Spécial Police présidé par Danielle Thiery, entouré de Christian Aghroum, Philippe Bugeaud, Nadine Carmel-Tremblay, Franck Douchy, Emile Perez et John Reinbold a décerné son prix :

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    DANS SES YEUX de Juan José CAMPANELLA
    (Argentine-Espagne)

    Le jury composé de journalistes a décerné le prix suivant:

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    THE KILLER INSIDE ME de Michael Winterbottom
    (Royaume-Uni-Etats-Unis)

    Le Jury Sang Neuf présidé par Sam Karmann, entouré de Stéphane Bourgoin, Cécile Cassel, Laurent Chalumeau, Philippe Lefait et Clément Sibony, a décerné son prix :

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    IF I WANT TO WHISTLE, I WHISTLE de Florin Serban

    (Roumanie-Suède)

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  • Le Carrosse d'or 2010 pour Agnès Varda

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    quinzaine.jpgAlors que la date de la conférence de presse du 63ème Festival de Cannes, le 15 avril, se rapproche à grands pas, la Société des réalisateurs de films (SRF) qui, depuis 2002, remet "le carrosse d'or" à un metteur en scène reconnu pour "les qualités novatrices de ses films, pour son courage et son intransigeance dans la mise en scène et la production" a décidé, après la cinéaste japonaise Naomi Kawase en 2009, de couronner cette année la cinéaste française Agnès Varda qui se verra remettre le trophée le 13 mai prochain, lors de la soirée d'ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs. Cette soirée sera aussi l'occasion de redécouvrir sur grand écran LIONS LOVE... (AND LIES) de Agnès Varda tourné en 1969.

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