Extraits de "Un balcon sur la mer" de Nicole Garcia
Après l'excellent "Selon Charlie", c'est le 15 décembre que sortira le nouveau film de Nicole Garcia dont vous pourrez retrouver ma critique en avant-première en fin de semaine.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
Après l'excellent "Selon Charlie", c'est le 15 décembre que sortira le nouveau film de Nicole Garcia dont vous pourrez retrouver ma critique en avant-première en fin de semaine.
Le 2 décembre, plus d'un mois avant la sortie nationale officielle de "Somewhere" de Sofia Coppola prévue le 5 janvier 2011, à 20H, les cinémas Gaumont Pathé projetteront le film en avant-première.
Vous pouvez retrouver ma critique du film "Somewhere" de Sofia Coppola en avant-première et mes vidéos du débat avec Sofia Coppola en cliquant ici.
Liste des cinémas participants et réservations sur cinemaspathe.com ou cinemasgaumont.com .
Canal + diffuse ce soir "A l'origine" de Xavier Giannoli, un film que je vous avais recommandé lors de sa sortie et que je vous recommande à nouveau et dont vous pouvez retrouver ma critique ci-dessous. Première diffusion: ce soir à 20h50 sur Canal+. Et aussi: sur Canal+ décalé à 22H25 et le 1er décembre à 20H45.
A l’origine, il y avait un film beaucoup trop long que j’avais vu à Cannes où il figurait en compétition officielle, mais malgré cela très séduisant. Depuis, le film a été amputé de 25 minutes, c’est la raison pour laquelle je souhaitais le revoir, en espérant que ces 25 minutes en moins lui feraient gagner en rythme.
L’histoire est toujours la même que celle du film projeté à Cannes. Celle de Philippe Miller (François Cluzet), un escroc solitaire qui découvre un chantier d’autoroute abandonné depuis des années, tout cela à cause d’un scarabée ! De l’arrêt des travaux avait découlé une véritable catastrophe économique pour les habitants de la région. Si pour Philippe il s’agit d’une chance de réaliser une escroquerie aussi improbable qu’inédite en reprenant les travaux, pour les habitants de la région, il est le messie (c’est d’ailleurs ce qui lui dira le maire de la ville à son arrivée), celui qui va leur redonner espoir. Les choses se compliquent quand Philippe prend conscience de l’importance considérable que prend son escroquerie dans la vie de ces gens surtout que dans le même temps, son passé va le rattraper.
Mettons tout de suite fin au suspense : ce nouveau montage est une incontestable réussite…même si pour cela il a fallu sacrifier certains personnages (et dans le même temps certains comédiens qui ont vu leurs rôles réduits ou supprimés comme l’ex-femme de « Philippe Miller », en réalité son pseudonyme). Ce que le film perd en minutes, le personnage interprété par François Cluzet le gagne en mystère, en densité, en intérêt, en épaisseur, en charme ; et le film également. Ce montage radicalisé fait revenir à l’essentiel, à l’être, à ce que l’homme était « à l’origine », à cette vérité humaine que la caméra de Xavier Giannoli, une nouvelle fois, capte avec une grande sensibilité, en filmant au plus près des visages, au plus près de l’émotion, au plus près du malaise. Et même quand il filme ces machines, véritables personnages d’acier, il les fait tourner comme des danseurs dans un ballet, avec une force visuelle saisissante et captivante. Image étrangement terrienne et aérienne, envoûtante. La musique de Cliff Martinez achève de rendre poétique ce qui aurait pu être prosaïque. Une poésie aussi inattendue que la tournure que prend cette histoire pour Philippe Miller qui va finalement vivre les choses plutôt que les prévoir.
A l’origine il y avait aussi ce besoin de ne pas être seul, et surtout d’être considéré. Philippe devient quelqu’un et dans le regard des autres, il prend toute la mesure de sa soudaine importance. A l’origine il y avait un scarabée. Un homme qui aurait pu aussi être ce scarabée. Là pour détruire puis, par la force des choses et des rencontres, pour aider.
Il faut voir avec quel brio François Cluzet interprète cet être mal à l’aise, introverti, peu bavard, qui peu à peu va gagner en confiance. Le malaise de son imposture le dépasse, et les traits de son visage, ses gestes, tout semble témoigner de son tiraillement intérieur. Et dans cette scène où il se retrouve face au conseil municipal, son malaise est tellement palpable, crédible, que je l’ai ressenti comme si j’étais moi aussi dans cette pièce, prise dans un étau de mensonges. Et puis, il faut voir son visage s’illuminer éclairé par un soleil braqué sur lui comme un projecteur braqué sur celui dont le pouvoir est devenu quasiment démiurgique ; il faut le voir aussi patauger dans la boue en frappant dans ses mains, exalté, le voir tomber, se relever, aller au bout de lui-même pour les autres. Ce mensonge va l’étouffer, puis, le porter, puis l’enchaîner, pourtant il aura conquis un territoire, planté son drapeau.
Face à lui, le maire de la ville interprété avec beaucoup de justesse par Emmanuelle Devos qui dissimule sa solitude et ses blessures derrière une belle assurance. Tous deux, comme tous les habitants du village, vont avoir une seconde chance, tout reprendre du départ, de l’origine.
Cette route qui va nulle part va les mener quelque part, à vivre une aventure humaine à se créer une famille (formidable Vincent Rottiers dans le rôle du « fils de substitution »).
C’est aussi une belle métaphore du cinéma et du métier de comédien qui est finalement aussi une imposture, qui fait devenir quelqu’un d ‘autre, fabriquer un chemin, un univers qui ne mène pas forcément quelque part mais reste, là aussi, une belle aventure humaine.
Ce film est avant tout un portrait d’homme touchant, énigmatique et dense qui porté par un acteur au sommet de son art nous emporte totalement dans son aventure aussi improbable soit-elle (et pourtant inspirée d’une histoire vraie s’étant déroulée en 1997 dans la Sarthe), dans ses mensonges, dans ses contradictions, dans sa conquête. Un césar du meilleur acteur sinon rien.
Et ce nouveau montage a su faire d’un bon film un très beau film qui nous faire revenir à l’essentiel. A l’origine. Nous fait croire à l’impossible. A une seconde chance. Aux routes qui ne mènent nulle part. A ce que le cinéma lui aussi était à l’origine : un mensonge exaltant qui peut nous faire croire que tout est possible. Même si la réalité, un jour ou l’autre, finira par reprendre ses droits.
Parmi les sorties de la semaine, j'ai vu 4 films dont vous pouvez d'ores et déjà retrouver mes critiques.
Je vous recommande avant tout "Le Guépard" de Luchino Visconti dont la version restaurée sort cette semaine en DVD et Blu-ray, et qui ressort également en salles, malheureusement dans très peu de salles dont la Filmothèque du Quartier Latin. Cliquez ici pour lire mon dossier spécial consacré au "Guépard".
Le nouveau film à l'affiche cette semaine à ne pas manquer c'est le documentaire Toscan d'Isabelle Partiot-Piéri dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici.
Egalement à l'affiche cette semaine "Alamar" de Pedro Gonzalez-Rubio, un de mes coups de coeur de la compétition du Festival Paris Cinéma 2010. Retrouvez mes commentaires au sujet de ce film en cliquant ici.
Cliquez ici pour lire ma critique du sympathique "Mon pote" de Marc Esposito.
Et enfin le décèrébré "A bout portant" de Fred Cavayé dont vous pouvez retrouver ma critique en cliquant ici.
Et toujours:
Cliquez ici pour retrouver mon dossier spécial consacré à "Harry Potter et les reliques de la mort" (article recommandé par Elle.fr cette semaine).
Alors que "Mon pote" de Marc Esposito sortira en salles le 1er décembre prochain et que vous pouvez retrouver ma critique du film en avant-première en cliquant ici, je vous invite à découvrir cinq extaits du making-of du film, ci-dessous.
Ce soir, à 20H50, Canal + diffusera "L'homme de chevet" d'Alain Monne avec Christophe Lambert et Sophie Marceau. Retrouvez ma critique ci-dessous.
Voilà un film que la critique n'a pas épargné victime, sans doute, de la notoriété de ses deux acteurs principaux, et de ce qui les unit au-delà de l'écran. Ils n'ont pourtant pas choisi la facilité, avec cette adaptation du roman d'Eric Holder, la deuxième de l'année 2009 après le très beau « Melle Chambon » de Stéphane Brizé avec lequel il n'est d'ailleurs pas exempt de points communs.
A Carthagène, en Colombie, Léo (Christophe Lambert) passe son temps à boire pour oublier. Un ami le recommande à Muriel (Sophie Marceau) une jeune femme tétraplégique qui recherche un garde malade et qui en a auparavant découragé un certain nombre. Peu à peu des liens vont se tisser entre ces deux êtres que tout aurait pu opposer... a priori.
A priori parce que, au fond, ces deux personnages se ressemblent. Tous deux dépendants. Elle de son corps, à jamais immobilisé. Lui de l'alcool. Tous deux broyés par l'existence, accidentés de la vie.
Femme libre et indépendante avant son accident de voiture, Muriel se retrouve prisonnière de son corps et de sa chambre d'où elle ne sort pas, avec pour seule compagnie Lucia (très convaincante Margarita Rosa de Francisco) son autre garde malade dont elle est la raison de vivre et de se lever, et ses livres.
Avant même d'être une histoire d'amour « L'homme de chevet » est un film sur le corps. Le corps prisonnier de Muriel. Le corps maigre, presque désarticulé, de Léo qu'il abîme par l'alcool, lequel, ancien boxeur, vivait d'ailleurs de son corps. Le corps de Linnett, une jeune boxeuse qu'il entraîne (moyen aussi physique pour lui d'exprimer une rage que Muriel ne peut que verbaliser) qui elle-même se prostitue et vit de son corps. Ou encore un autre corps martyrisé, par la drogue, celui de Lucia. Le corps que Linnett exhibe dans une robe flamboyante s'oppose à celui que Muriel cache derrière ses draps blancs. Un corps qui va se réapproprier l'espace. Des corps malmenés qui vont retrouver la dignité et l'estime d'eux-mêmes ( à l'exception de Lucia.)
Pour incarner ces corps et leur donner une âme, Sophie Marceau et Christophe Lambert sont absolument parfaits et bouleversants. La première, physiquement broyée, d'abord cassante, aigrie, usant d'un humour provocateur et cynique qui s'illumine peu à peu. Tout passe dans sa voix, l'expression de son regard qui se modifient progressivement et tout en restant immobile elle parvient à faire passer avec beaucoup de justesse une grande palette d'émotions, de la colère à l'attendrissement. Le second avec sa voix cassée, ses gestes las qui peu à peu reprend confiance, se redresse.
Alors bien sûr ce film n'est pas parfait mais là où on aurait crié au film d'auteur brillant si les deux acteurs principaux avaient été inconnus, leur notoriété rend le film suspect de mièvrerie (et même coupable sans avoir eu droit à la présomption d'innocence à laquelle Alain Monne pourrait d'autant plus prétendre qu'il s'agit d'un premier film), ce que le film évite constamment.
Alain Monne filme en effet avec énormément de pudeur et dignité, sachant user de l'ellipse et du plan large avec délicatesse là où d'autres auraient abusé du gros plan et des violons. Et puis il y a la Colombie, sa moiteur, ses couleurs chaudes et brûlantes, ses êtres de là-bas ou d'ailleurs qui s'y égarent, victimes des fracas de l'existence.
C'est l'histoire de trois belles renaissances, d'êtres qui se raccrochent les uns aux autres qui retrouvent la sensibilité aux autres, à la belle lumière de Carthagène, et le goût de la vie.
Alain Monne avait obtenu le Grand Prix du Meilleur Scénariste pour ce film. J'assistais hier soir à la cérémonie 2009 (Alain Monne était d'ailleurs présent), je vous en parle demain. Il a également obtenu le prix du public au Festival d'Angoulême.
Un beau film, sensible et émouvant, que je vous recommande.
Je vous parlais tout à l'heure de "Valse avec Bachir" dont vous pouvez retrouvez ma critique en cliquant ici. On vient de m'informer que "Valse avec Bachir" est diffusé en intégralité sur dailymotion du 23 ai 30 novembre. Vous n'aurez plus aucune excuse pour ne pas le voir!
Cliquez ici pour voir "Valse avec Bachir" en intégralité sur dailymotion!